Sentir ta tête exploserSentir ta boîte crânienne sur le point d'éclater en morceauxSentir ta moelle épinière te remonter au cerveau à force d'êtrecompriméeSentir ton cerveau comme un fruit secSe sentir sans cesse et inconsciemment et comme électriquement téléguidée (...)Sentir ton âme pisser de ton corps, comme si tu n'arrivais plus à fixer l'eau (...)Impossible de savoir si tu trembles de froid ou de fièvre.Impossible de t'expliquer pourquoi tu trembles, pourquoi tu gèles.Pour parler de façon simplement audible, il te faut faire effort, il faut presque hurler, comme pour parler très fort.Te sentir devenir muette (...)Maux de tête.Flashes (...)Sentir que tu te consumes au dedans (...)C'est le pire.Etre persuadée que tu n'as pas la moindre chance de t'en tirer : et impossible de faire entendre ça. (...)Sentir le temps et l'espace irrémédiablement imbriqués l'un dans l'autre et te sentir vaciller, piégée dans un labyrinthe de glaces déformantes (...)
Se regarder dans la glace.
Avoir cette capacité de s'aduler qu'autant de se détester.
Se sentir comme une merde et se dégoûter jusqu'à presque en gerber.
Passer d'un idéal à la stricte réalité, déformante, horrifiante, blessante.
Je ne suis pas ce que j'ai toujours imaginé, ce que j'aurais aimé être.
Toujours le même rêve. Plein de noirs et de dédales cauchemardesques hantés par nos spectres. Ceux dont on prend soin de cacher, ceux qui nous empêchent de dormir.
Comme une chute. Pousser un cri sans bruit, sentir le coeur se décrocher de sa poitrine. Etre impuissant, tenter de bouger en vain, souffrir à chaque tentative. L'étau se resserre, tout devient insupportable, les bruits, les odeurs, les lumières, les sensations.
Tout s'entrechoque. impossible de penser, il est même difficile d'envisager de faire une phrase cohérente avec un début et une fin. tu reprends le processus de A à Z et tu y arrives difficilement. Pourtant c'est ce que tu fais toute la journée.
Bonjour, bienvenue.
Il y a le monde de celluloÏd, celui où tu es toujours à quatre épingles et où tout le monde se fait des politesses en s'adressant de grands sourires. Tu sais ce qu'il y a derrière tous ces codes crispés ?
De la haine pure et profonde.
Parce qu'on n'est rien que des hypocrites et des lâches.
On parle, on parle, on se plaint et on ne fait rien.
Parce qu'on se complait là dedans.
Se forcer à sourire parce que c'est le code.
Sentir ses muscles se crisper, tout se fait dans un effort ultime. Devenir un robot, tout mécaniser. Et sentir sous sa peau, les entrailles crier que ce n'est pas soi, que ce n'est pas ce qu'on veut.
Et avec le temps, ne plus rien sentir, se voir devenir une machine.
C'est malheureusement comme ça.
Se dire que l'on va forcément y arriver, malgré les galères et que le travail paie, toujours. Qu'il y a une vie meilleure qui nous attend plus tard.
On voit les choses évoluer dans le sens de la machine, puisque quoiqu'on fasse, tout avance.
Et faire tous les efforts que l'on peut et voir que tout cela est en vain. On ne change pas sa nature la plus profonde.
Se sentir vide, terriblement vide.
Et pleurer.
Je n'ai besoin que de ta bouche et de tes mains.
Pour oublier, pour oublier que je me sens sale et morte à l'intérieur.
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